Garance Lanfray, voyage en Asie du sud est
En 2022, la potière morbihannaise Garance Lanfray est partie explorer l’Asie du Sud-Est avec une idée en tête : continuer à apprendre et à toucher la terre, où qu’elle soit. De la Thaïlande au Vietnam en passant par l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, elle partage ici les découvertes, les gestes et les rencontres qui ont marqué son voyage — un carnet sensible entre poterie et émerveillement.
Mon fil rouge pendant ce voyage s’est articulé autour de la poterie. J’avais espéré de tout mon cœur avoir la chance de pouvoir mettre les mains dans la terre dans tous les pays que nous allions visiter, pour continuer de découvrir et d’apprendre autour de la pratique de la poterie qui m’apporte beaucoup de bonheur. 🍀
En arrivant en Thaïlande, j’ai eu la chance de visiter l’île de Ko Kret, une petite île au nord de Bangkok, connue pour ses nombreux artisans potiers de tradition birmane .






Dès le début du voyage, j’ai essayé de visiter plusieurs villages connus pour la pratique de la poterie. Malheureusement, on s’est beaucoup cassé le nez car dans certains endroits la poterie n’est plus au goût du jour à cause de la crise du covid…
Nous nous sommes rendus à Klipoh sur l’île de Java. Il semblerait que la poterie existe dans ce village depuis le IXè siècle et que le savoir-faire des artisans se transmet de génération en génération. Nous avons visité plusieurs ateliers et j’ai pu remettre les mains dans la terre. Quel bonheur !
Les tours de potier d’ici sont utilisés manuellement. Les artisanes tournent le plateau avec une main et utilisent leur seconde main pour former la pièce. C’est assez technique et ce n’est pas évident du tout !
C’était génial de voir d’autres gestes et d’autres manières de travailler la terre.
On nous a aussi expliqué comment les émaux sont fabriqués à partir de plantes et de racines naturellement teintées.
Traditionnellement ce sont les femmes que se chargent de la fabrication et du séchage des pièces et ce sont les hommes qui s’occupent du processus de cuisson (Mais nous avons aussi vu une femme s’en occuper !)
Je pensais que la cuisson s’effectuait dans un four en brique ou en terre mais pas du tout, elle ne s’effectue même pas dans un four ! Les pièces sont recouvertes de paille et de cendres et cuisent seulement 2 à 3 heures comme ça, j’étais très impressionnée.
Je suis repartie avec des petites coupelles, même si je ne garantis pas leur retour en France en un seul morceau !






Ceramic class avec l’artiste malais Leong Chee Hsiung à Malacca :






Avec Mady on est aussi allé à la rivière pour prélever de l’argile naturelle.
On a installé un petit atelier céramique et on a fait des essais.
L’argile était un peu sableuse mais on a quand même réussi à faire des trucs !
Ce n’est pas évident d’utiliser une argile naturelle, notamment en ce qui concerne la cuisson, car on ne connaît pas vraiment la propriété des éléments qui la composent.
Heureusement mon copain potier @echekillian a pu me donner pleins de conseils précieux et nous avons finalement réussi la première cuisson avec les moyens du bord, dans un barbecue.
Quelle satisfaction et quelle moment magique de récupérer ses pièces après un processus complètement naturel, du prélèvement de l’argile à la cuisson :

Aux Philippines, nous avons voyagé grâce au réseau Workaway et celui où nous nous trouvions se trouvait en haut de la plus haute montagne de Cebu, une île des Philippines.
Au cœur de cette nature incroyable nous avons fait beaucoup de randonnées et sur la route j’ai trouvé de l’argile naturelle que j’ai ramassée pour pouvoir faire un peu de poterie.
L’architecture du lieu où nous nous trouvons m’a beaucoup inspirée :

J’ai eu aussi la chance de visiter le village de Bat Trang au Vietnam qui est reconnu mondialement pour la qualité de sa porcelaine.
J’ai pu voir beaucoup d’ateliers de coulage. C’est une des techniques utilisées par les potiers pour réaliser des séries d’une même pièce.
À partir d’une pièce originale un moule en plâtre est réalisé et c’est ce moule qui permettra de faire plusieurs tirages identiques.
Ici la porcelaine est utilisée à l’état liquide, que l’on appelle la barbotine (un mélange d’eau et d’argile).
Le potier remplit complètement le moule, il attend que le plâtre absorbe l’humidité de la barbotine puis il récupère l’excédent de barbotine dans une bassine. Quelques minutes après, il peut ouvrir son moule et récupérer sa pièce. Moment magique ! ✨
La barbotine était directement livrée avec un camion à pompe dans les ateliers :



La technique de la sérigraphie est très utilisée ici pour décorer les poteries. Elle permet de reproduire un motif identique à l’infini ! Une fois le motif imprimé sur un papier spécial, il ne reste plus qu’à l’appliquer sur la poterie.
Pour les très grandes pièces cette technique n’est pas possible et les peintures décoratives sont réalisées à main levée. C’était hyper impressionnant de voir les artistes décorer ces vases énormes avec une grande dextérité et une grande précision. Ce sont d’ailleurs les vases que l’on peut voir dans les temples. J’étais trop émue et heureuse de voir les coulisses de fabrication de ces poteries. C’est toujours pour moi très enrichissant de visiter des ateliers :




J’ai aussi eu la chance de faire du tournage avec de la porcelaine dans un atelier. Je n’avais jamais tourné de porcelaine. C’est une terre très molle mais j’ai trouvé ça très agréable et c’était de toute façon trop trop bien de remettre les mains dans la terre. 🤲🏼
C’était un tour de potier manuel. Ce n’est pas évident de créer la force centrifuge avec une main et de tourner avec l’autre mais comme j’avais déjà essayé à plusieurs reprises en Indonésie je ne m’en suis pas trop mal sortie. C’était une journée magique avec de la poterie à tous les coins de rue ! 🤩 :





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animé par Matthieu Liévois,
potier-céramiste depuis plus de 40 ans et fondateur de l’école Créamik
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